La hausse des prix contraint les ménages français à revoir leurs dépenses, y compris celles qui répondent à des besoins fondamentaux. D’après une enquête publiée le 15 octobre 2026 par l’Observatoire de la consommation de Que Choisir, 77 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat s’est dégradé ces derniers mois. Pour 31 % des personnes interrogées, cette dégradation est particulièrement forte. Certains déclarent désormais réduire leurs portions, supprimer des repas ou puiser dans leurs économies pour boucler le mois.
Des ménages sous pression
La flambée des prix de l’énergie accentue les difficultés financières des foyers. Le litre d’essence et de gazole atteint, dans les situations évoquées par l’enquête, entre 2,20 et 2,40 euros. Le fioul coûte jusqu’à une fois et demie plus cher que l’année précédente, tandis que le prix du gaz a progressé de plus de 20 % en un trimestre.
Ces hausses s’ajoutent à celles enregistrées depuis 2022 sur l’alimentation et de nombreux produits courants. Les ménages modestes sont les plus exposés : parmi les personnes gagnant moins de 1 500 euros par mois, 56 % jugent leur situation financière fortement dégradée. Cette proportion atteint 38 % chez celles dont les revenus mensuels se situent entre 1 500 et 2 000 euros.
Les loisirs sacrifiés avant l’alimentation
Pour faire face aux dépenses, trois Français sur quatre disent avoir modifié leurs habitudes. Les premiers changements concernent les achats non indispensables : restaurants, cinéma, vacances, vêtements et sorties familiales figurent parmi les postes réduits ou abandonnés.
Les consommateurs recherchent aussi les promotions, privilégient les marques de distributeur et achètent davantage de produits à prix réduits. La seconde main et les applications de lutte contre le gaspillage alimentaire font partie des solutions citées.
Mais ces économies ne suffisent pas toujours. Les dépenses de chauffage sont également réduites : certains ménages baissent la température, ne chauffent que quelques pièces ou retardent la mise en route de leurs appareils. Les déplacements sont limités, avec moins de trajets en voiture et davantage de marche ou de transports en commun lorsque cela est possible.
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Quand se nourrir devient une source d’arbitrage
Les témoignages recueillis par Que Choisir font apparaître une situation plus préoccupante : l’alimentation devient à son tour un poste de restriction. Certains ménages achètent moins de viande et de poisson, réduisent les quantités ou préparent des repas moins coûteux.
D’autres décrivent des privations plus sévères. Des personnes interrogées expliquent sauter des repas ou ne manger qu’une fois par jour. Ces déclarations illustrent les difficultés rencontrées par une partie des consommateurs, sans permettre d’établir la proportion exacte de Français concernés par ces situations.
Les marges de manœuvre finissent aussi par disparaître pour certains foyers. Des répondants déclarent puiser dans leur épargne, se retrouver à découvert avant la fin du mois ou reporter des dépenses nécessaires, comme des travaux ou des achats indispensables.
Une inquiétude qui pèse sur l’avenir
Au-delà des difficultés financières, les réponses témoignent d’une inquiétude grandissante. Plusieurs personnes interrogées évoquent la peur de ne plus pouvoir maintenir leur niveau de vie, la disparition des achats plaisir et les incertitudes concernant l’avenir de leurs enfants.
Les pouvoirs publics et les entreprises sont également mis en cause. De nombreux répondants réclament une baisse des taxes sur les carburants et l’énergie. D’autres dénoncent les marges pratiquées par certaines entreprises et estiment que les efforts demandés aux ménages sont inégalement répartis.
La question du pouvoir d’achat prend enfin une dimension politique. 79 % des Français déclarent que ce sujet pèsera dans leur vote à la prochaine élection présidentielle. Pour les ménages les plus touchés, les difficultés à payer les factures et à se nourrir pourraient donc compter parmi les préoccupations déterminantes au moment de choisir leur candidat.
