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Bernard Arnault juge la taxe Zucman totalement absurde

2 % de taxe sur les milliardaires : un vrai danger selon Arnault

La taxe Zucman, proposée pour prélever 2 % par an sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, divise profondément la société française. Selon ses partisans, elle concernerait environ 1 800 foyers fiscaux, avec un rendement potentiel de 20 milliards d’euros par an. Mais pour Bernard Arnault, première fortune française et septième mondiale, ce projet est une “attaque directe contre l’économie française”.

Dans une interview au Sunday Times, le milliardaire accuse Gabriel Zucman d’être un “pseudo universitaire” animé par une idéologie “d’extrême gauche”. Selon lui, cette taxe ne cible pas seulement les fortunes personnelles mais menace aussi l’outil de travail des entreprises, ce qui pourrait peser sur l’investissement et la création d’emplois.

15 milliards d’impôts payés en dix ans : LVMH montre les chiffres

Pour contester la taxe, Bernard Arnault met en avant les contributions fiscales de LVMH. Sur la dernière décennie, le groupe a payé près de 15 milliards d’euros d’impôt sur les sociétés en France. En 2024, le chiffre d’affaires du géant du luxe a atteint 84 milliards d’euros, avec un bénéfice net de 12,55 milliards.

Ces chiffres servent à Arnault pour affirmer que LVMH fait déjà un effort fiscal significatif. Le PDG insiste sur le fait que son patrimoine personnel (154 milliards de dollars selon Forbes) et ses sociétés contribuent fortement au budget français, et que l’intégration des actifs professionnels dans le calcul de la taxe serait injuste.

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3,8 milliards d’euros payés par LVMH en 2023 : la preuve par les montants

L’année 2023 offre un exemple concret de l’empreinte fiscale du groupe : 3,8 milliards d’euros versés au titre de l’impôt et des contributions sociales. Cette somme se décompose ainsi : 2,5 milliards d’IS et 1,1 milliard de cotisations patronales, pour seulement 275 millions d’euros d’aides publiques reçues.

À titre de comparaison, le produit total de l’impôt sur les sociétés en France s’élevait à près de 60 milliards d’euros en 2024. LVMH représente donc plus de 4 % du total de l’IS français, un chiffre impressionnant pour un seul groupe et qui illustre la position d’Arnault comme l’un des principaux contributeurs au budget national.

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Les critiques fusent : un vrai clash politique

La déclaration d’Arnault a immédiatement déclenché une tempête médiatique et politique. Olivier Faure (PS) a dénoncé sur X le manque de solidarité des ultra-riches, tandis que Pascal Demurger (Impact France) a reconnu qu’un effort fiscal était nécessaire, tout en appelant à des ajustements pour éviter des conséquences négatives sur l’économie. Parallèlement, les organisations patronales comme Medef, CPME et BpiFrance ont critiqué la taxe, parlant de “ligne rouge” ou de “jalousie à la française”. La mesure pourrait, selon eux, contraindre certaines entreprises à vendre des actifs pour se conformer à la taxation, notamment dans les secteurs technologiques.