L’émission “Qui va être mon associé ?” diffusée sur M6 met en relation des investisseurs de haut niveau avec des porteurs de projet à la recherche de financement. Chaque saison rassemble des millions de téléspectateurs, mais peu savent que le processus de sélection est structuré, compétitif et long. L’accès au plateau nécessite bien plus qu’une simple idée ou qu’un produit. L’émission, produite par Studio 89, impose des critères de validation très rigoureux pour garantir la viabilité et l’intérêt des projets présentés.
Formulaire d’inscription : la première étape obligatoire
Pour participer, il faut impérativement remplir un formulaire de candidature en ligne, disponible sur le site officiel de Studio 89 Productions ou lors des périodes de casting annoncées sur les réseaux sociaux de M6. Ce formulaire comprend :
- une présentation du projet (concept, utilité, situation actuelle),
- une description du fondateur et de l’équipe (parcours, rôles),
- des informations financières chiffrées : chiffre d’affaires, marges, investissements reçus, besoins futurs.
Le formulaire exige également des documents justificatifs : Kbis, bilans comptables, liens vers un site ou des réseaux sociaux. Toute déclaration doit pouvoir être vérifiée, sous peine d’exclusion.
Selon les chiffres communiqués par la production en 2024, plus de 3 000 candidatures sont reçues par saison, pour moins de 30 projets diffusés à l’écran. Cela signifie un taux d’acceptation de moins de 1 %.
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Critères de présélection retenus par la production de qui veut être mon associé
La première phase de tri est réalisée par les équipes éditoriales et juridiques de Studio 89. Elles examinent plusieurs critères techniques et économiques, notamment :
- le stade d’avancement du projet (prototype, produit en vente, entreprise déjà lancée),
- la cohérence des chiffres : valorisation réaliste, modèle économique documenté, rentabilité potentielle,
- l’originalité dans le positionnement commercial,
- la capacité du candidat à s’exprimer à l’oral, car la présentation en plateau est filmée en une seule prise.
Un projet trop jeune (idée non lancée, business model encore théorique) sera automatiquement écarté. De même, les entreprises dont la structure juridique est floue ou celles ayant déjà levé des montants importants sans résultat concret sont peu retenues.
Entretiens téléphoniques et pitchs de validation avant tournage
Une fois présélectionné, le candidat est contacté par un chargé de casting, qui organise un premier échange téléphonique. Cette conversation permet de :
- vérifier l’authenticité des données transmises,
- estimer la capacité du candidat à convaincre oralement,
- identifier d’éventuelles incohérences entre discours et documents.
En cas d’avis favorable, un pitch de test est organisé par visioconférence ou en présentiel. Le candidat doit alors simuler sa présentation devant un jury interne, sur le format réel de l’émission : 1 minute de pitch, puis questions-réponses sur la gestion, les chiffres, la vision long terme.
Si le pitch est convaincant, l’équipe de production engage les préparatifs du tournage.
Conditions financières et juridiques imposées avant l’enregistrement
Avant d’accéder au plateau, les entrepreneurs doivent signer plusieurs documents contractuels, notamment :
- une autorisation de diffusion des images et des échanges,
- une clause de confidentialité sur le déroulement du tournage,
- un contrat encadrant la validité des offres faites par les investisseurs.
Il est important de noter que les offres de financement faites à l’écran ne sont pas contractuelles immédiatement. Elles doivent être confirmées après vérification par les avocats des deux parties. Plusieurs projets ayant conclu un accord lors du tournage ont finalement vu l’investissement être annulé par la suite, faute d’accord final ou d’écart sur la valorisation.
Déroulement du tournage : un format fidèle mais condensé
Le tournage ne dure pas 15 minutes comme le laisse croire le montage diffusé : chaque pitch filmé dure en réalité entre 45 minutes et 1h30. Toutes les interventions sont enregistrées d’un bloc, sans coupure, dans les conditions du direct.
Les profils des entrepreneurs sont tournés à part, avec des séquences de mise en situation (boutique, atelier, entrepôt) pour illustrer leur activité.
Une équipe accompagne chaque candidat avant et pendant le tournage pour vérifier la conformité des données présentées et encadrer les aspects logistiques. À noter : aucun coaching personnalisé n’est proposé par la production.
Pourquoi autant de candidats échouent à franchir la sélection ?
Selon les données fournies par les producteurs en 2023, seuls 5 % des projets présélectionnés obtiennent un financement concret. Plusieurs raisons expliquent cet écart :
- valorisation jugée excessive,
- absence de différenciation par rapport à la concurrence,
- présentation trop confuse ou chiffres mal maîtrisés,
- désaccords entre investisseurs sur la prise de participation.
Certains investisseurs préfèrent également garder leur enveloppe pour des projets aux marges plus importantes ou aux canaux de distribution déjà établis.
Comment maximiser ses chances d’être retenu dans l’émission ?
Voici les conseils les plus fréquemment donnés par les anciens candidats et les responsables de la production :
- préparer un business plan clair et cohérent, avec des données vérifiables et à jour ;
- pouvoir justifier toutes les prévisions chiffrées (CA prévisionnel, besoin en fonds, coût d’acquisition client, etc.) ;
- présenter un pitch concis avec une problématique bien définie et une solution déjà testée ;
- éviter les formules vagues et s’appuyer sur des preuves concrètes (utilisateurs, ventes, POC, presse).
Les projets qui attirent le plus les investisseurs sont ceux ayant déjà un début de traction sur le marché (clients, chiffre d’affaires réel, retours utilisateurs).
