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Insee : 68 564 défaillances d’entreprises comptabilisées en 2025

Le nombre de défaillances d’entreprises en France a atteint un seuil particulièrement élevé en 2025. Selon les données publiées par l’Insee, 68 564 procédures collectives ont été enregistrées sur les douze mois cumulés à fin décembre. Ce volume représente une hausse de 3,5 % par rapport à 2024, confirmant une tension persistante sur le tissu économique français.

Ce chiffre place 2025 parmi les années les plus marquées en matière de faillites depuis la fin des années 2000, traduisant une phase d’ajustement économique après plusieurs années de soutien public exceptionnel.

Une forte progression au premier semestre avant un léger ralentissement

La dynamique des défaillances a été particulièrement marquée au cours du premier semestre 2025. Sur cette période, la hausse atteint 14,5 % par rapport à la même période en 2024. La progression s’est ensuite légèrement atténuée au second semestre, sans pour autant inverser la tendance.

Les économistes y voient un phénomène de « rattrapage » après les années 2020 et 2021, durant lesquelles les dispositifs d’aides massives (fonds de solidarité, prêts garantis par l’État, reports de charges) avaient artificiellement maintenu un nombre historiquement bas de faillites. Avec la fin progressive de ces soutiens et le remboursement des dettes contractées pendant la crise sanitaire, de nombreuses entreprises fragilisées se retrouvent aujourd’hui en difficulté.

Des secteurs structurellement fragilisés

L’analyse sectorielle montre une concentration des défaillances dans plusieurs branches clés de l’économie :

  • Le commerce, pénalisé par la baisse du pouvoir d’achat des ménages et la transformation rapide des modes de consommation.
  • Les services aux entreprises, affectés par la réduction des dépenses et la prudence des investissements.
  • Les transports, confrontés à la volatilité des prix de l’énergie et à la hausse des coûts d’exploitation.
  • L’hébergement-restauration, secteur sensible aux cycles économiques, aux variations du tourisme et à l’augmentation des charges salariales.

Dans ces domaines, l’inflation des coûts (énergie, loyers, matières premières, salaires) a comprimé les marges, tandis que la demande reste parfois instable.

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PME en première ligne, mais des entreprises plus grandes aussi touchées

Les PME représentent la majorité des défaillances, en raison de leur structure financière souvent plus fragile et de leur dépendance à la trésorerie. Toutefois, l’année 2025 se distingue par une hausse notable des procédures concernant également des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et certaines grandes entreprises.

Cette évolution reflète un contexte plus global de ralentissement économique, marqué par :

  • une croissance modérée,
  • un accès au crédit plus restrictif,
  • et des taux d’intérêt durablement élevés.

La fragilité ne se limite donc plus uniquement aux petites structures, mais touche un spectre plus large du tissu productif.

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Un paradoxe : une vitalité entrepreneuriale toujours forte

Malgré ces chiffres élevés, la dynamique de création d’entreprises reste soutenue. En 2025, plus de 1,16 million de nouvelles entreprises ont vu le jour en France. Ce niveau élevé s’explique notamment par l’essor du régime de la micro-entreprise, qui facilite les démarches administratives et attire de nombreux créateurs.

Ce contraste met en évidence un phénomène de renouvellement économique : tandis que certaines entreprises disparaissent, de nouvelles structures émergent, souvent plus agiles, plus numériques et positionnées sur des marchés en croissance.