Prêter de l’argent à l’État français peut-il rapporter davantage qu’un Livret A ? Avec un rendement proche de 4,9 % en octobre 2026, les obligations assimilables du Trésor (OAT) offrent une rémunération intéressante aux épargnants prêts à immobiliser leur argent sur plusieurs années. Pour 10 000 euros investis, le gain annuel estimé après impôts atteint 336 euros, contre 170 euros pour un Livret A rémunéré à 1,7 %.
Le 1er octobre, l’Agence France Trésor a placé 6,3 milliards d’euros sur une nouvelle obligation remboursable le 25 novembre 2036, avec un rendement moyen de 4,93 %. Mais cette différence de rémunération s’accompagne de contraintes : contrairement au Livret A, une OAT peut perdre de la valeur si son propriétaire la revend avant son échéance.
10 000 euros : combien gagne-t-on ?
Sur la base des taux annoncés, voici ce que rapportent différents placements sur un an, après fiscalité selon les hypothèses fournies :
- OAT à 4,9 % : environ 336 euros nets.
- Livret A à 1,7 % : 170 euros, sans impôt.
- LEP à 2,5 % : 250 euros, sans impôt, sous conditions de revenus.
- Fonds en euros d’assurance-vie à 2,7 % : environ 224 euros après prélèvements sociaux, selon l’hypothèse retenue.
L’OAT procure donc environ 166 euros de plus par an que le Livret A pour 10 000 euros investis. Ce montant reste une estimation annualisée : le rendement réel dépend du prix d’achat, des frais et de la fiscalité applicable.
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Pourquoi l’État propose-t-il un taux aussi élevé ?
Le rendement de 4,9 % ne correspond pas uniquement aux intérêts versés chaque année. L’obligation concernée verse un coupon de 3,70 % de sa valeur nominale, mais elle s’achète sur le marché à un prix inférieur à cette valeur, autour de 91 %. À l’échéance, l’État rembourse sa valeur nominale, ce qui ajoute un gain au total des intérêts perçus.
Cette rémunération élevée reflète également les conditions du marché de la dette. Les investisseurs réclament un rendement plus important pour financer la France, notamment en raison de l’écart de taux avec l’Allemagne. Pour l’épargnant, cette situation ouvre une possibilité de placement, mais elle traduit aussi un coût d’emprunt plus lourd pour les finances publiques.
Le principal risque : avoir besoin de son argent avant 2036
Une OAT n’offre pas la même sécurité pratique qu’un Livret A. Si les taux d’intérêt augmentent, le prix des obligations déjà émises peut baisser. Un investisseur contraint de vendre avant novembre 2036 risque alors de récupérer moins que sa mise initiale.
En conservant le titre jusqu’à son échéance, il doit recevoir le montant prévu au remboursement, sous réserve que l’État honore ses engagements. En revanche, il doit pouvoir se passer de cet argent pendant plusieurs années. Le rendement affiché ne constitue donc pas une garantie de gain si l’obligation est revendue prématurément.
Comment acheter une obligation d’État ?
Les particuliers peuvent acheter des OAT par l’intermédiaire d’une banque ou d’un courtier proposant des obligations, généralement depuis un compte-titres. Avant de passer un ordre, il faut vérifier le rendement actuariel, le prix d’achat, les frais de courtage et la date de remboursement. Les gains sont également soumis à la fiscalité applicable aux placements financiers.
Les fonds obligataires et certains supports d’assurance-vie permettent aussi d’investir dans la dette publique, mais leur fonctionnement diffère de celui d’une obligation détenue directement jusqu’à son échéance.
OAT ou Livret A : quel placement choisir ?
L’OAT à près de 4,9 % peut intéresser les épargnants qui disposent d’une somme dont ils n’auront pas besoin avant 2036. Le Livret A reste plus adapté à l’épargne de précaution, car l’argent demeure disponible et les intérêts sont exonérés d’impôt.
La meilleure approche consiste à conserver une réserve accessible sur un livret, puis à envisager une obligation uniquement pour l’argent dont on peut se passer à long terme. Un rendement plus élevé peut être intéressant, mais il ne remplace ni la disponibilité de l’épargne ni la nécessité de bien mesurer les risques.
