You are currently viewing En 2025, jusqu’à 33 % des créateurs d’entreprises sont des femmes

En 2025, jusqu’à 33 % des créateurs d’entreprises sont des femmes

Sur la période 2019–2024, la part des femmes parmi les créateurs d’entreprise en France évolue dans une fourchette relativement étroite, comprise entre un peu moins de 32 % et un peu plus de 33 %.

En 2019, les femmes représentent 32,4 % des nouveaux entrepreneurs. L’année 2020 marque un léger retrait, avec 31,7 %, dans un contexte fortement perturbé par la crise sanitaire et les confinements successifs. Dès 2021, la proportion remonte à 32,1 %, puis franchit un cap en 2022 avec 33,4 %, niveau le plus élevé observé sur la période récente.

En 2023 et 2024, la part reste stable à 33,1 %, confirmant l’installation durable autour du seuil d’un tiers des créations.

Ce mouvement ne traduit pas une envolée spectaculaire, mais plutôt une consolidation progressive. Le décrochage de 2020 n’a pas entraîné de recul structurel. Au contraire, les années suivantes montrent une capacité à revenir rapidement au niveau antérieur, puis à s’y maintenir.

Une évolution contenue, mais solide dans le temps

L’analyse sur six années permet d’identifier trois phases distinctes :

  • Avant crise (2019) : un niveau supérieur à 32 %, déjà relativement stabilisé.
  • Année de rupture (2020) : un léger repli, dans un environnement marqué par l’incertitude économique.
  • Phase de rattrapage et de stabilisation (2021–2024) : retour au-dessus de 32 %, puis installation durable autour de 33 %.

L’écart entre le point le plus bas (31,7 %) et le plus haut (33,4 %) reste limité à moins de deux points. Cela signifie que, malgré les chocs économiques, la structure globale de la création d’entreprise selon le genre ne connaît pas de bouleversement majeur.

Autrement dit, la proportion de femmes entrepreneures progresse lentement, mais elle ne s’effondre pas en période difficile. Cette constance constitue un signal important pour l’analyse de l’écosystème entrepreneurial.

A lire aussi: 61 % des entreprises demeurent en activité cinq ans après leur lancement, selon l’Insee

Un maintien dans un contexte économique sous tension

Les années 2023 et 2024 s’inscrivent dans un environnement marqué par :

  • une hausse des coûts de financement
  • une inflation persistante
  • un nombre élevé de procédures collectives

Malgré ces tensions, la part des femmes dans les nouvelles immatriculations demeure à 33,1 %. Cela signifie que les conditions économiques plus exigeantes n’ont pas entraîné de retrait visible des créatrices du marché.

Cette stabilité peut s’expliquer par plusieurs éléments :

  • le développement du régime de micro-entrepreneur, plus accessible
  • la montée des activités de services, secteurs où la présence féminine est historiquement plus forte
  • un accès accru à l’information et aux réseaux d’accompagnement

Même si la proportion globale n’augmente pas fortement, elle ne recule plus, ce qui marque une forme de maturité du phénomène.

Un palier atteint, mais encore loin de la parité

Le seuil d’environ 33 % signifie qu’un créateur sur trois est aujourd’hui une femme. Ce niveau reste inférieur à la parité, mais il est nettement supérieur à celui observé il y a une quinzaine d’années.

Toutefois, la stabilisation autour d’un tiers pose une question : s’agit-il d’un plafond temporaire ou d’un palier structurel ?

Pour franchir une nouvelle étape, plusieurs leviers pourraient être déterminants :

  • accès facilité aux financements
  • meilleure représentation dans les secteurs technologiques et industriels
  • accompagnement spécifique pour les projets à fort potentiel de croissance
  • dispositifs adaptés à la conciliation vie professionnelle / vie personnelle

La progression observée entre 2021 et 2022 montre qu’un mouvement reste possible. En revanche, l’absence d’évolution entre 2023 et 2024 suggère qu’un cap supplémentaire nécessite des conditions favorables.

A voir également: Rentabilité des pharmacies en France : 2 M€ de CA moyen et 12 % d’EBE

Vers 2025 : consolidation ou nouvelle progression ?

Si la tendance actuelle se prolonge, la part des femmes créatrices pourrait rester proche de 33 % en 2025. Toutefois, plusieurs variables joueront un rôle :

  • évolution de la conjoncture économique
  • conditions d’accès au crédit
  • dynamique des créations sous statut individuel
  • politiques publiques de soutien à l’entrepreneuriat féminin

La période 2019–2024 montre une trajectoire caractérisée par la résilience plutôt que par une hausse rapide. L’entrepreneuriat féminin ne décroche plus en période de tension, ce qui constitue déjà une transformation notable du paysage entrepreneurial français.

Le véritable enjeu pour les prochaines années sera de dépasser le simple maintien autour d’un tiers pour enclencher une progression mesurable et durable vers un équilibre plus marqué dans la création d’entreprise.