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Financement des SNF : croissance à +3,2 %, coût moyen en légère hausse à 3,42 %

En novembre 2025, les financements accordés aux sociétés non financières (SNF) affichent une accélération mesurée. Le taux de croissance annuel atteint 3,2 %, contre 2,8 % en octobre. Cette évolution traduit un redémarrage progressif de certains leviers de financement, même si la dynamique reste contrastée selon la nature des ressources mobilisées, la taille des entreprises et les secteurs d’activité.

Dans le même temps, le coût moyen des nouveaux financements augmente légèrement pour atteindre 3,42 %, après 3,37 % le mois précédent. Cette hausse reste modérée mais confirme une stabilisation à un niveau plus élevé qu’en 2024.

L’encours total des financements atteint désormais 2 148,1 milliards d’euros, avec des flux nets sur douze mois de 67 milliards d’euros et une production brute annuelle de 721,3 milliards d’euros.

Titres de dette en forte progression face à des crédits bancaires stables

La principale contribution à la hausse globale provient du financement de marché. Les encours de titres de dette progressent de 4,2 % sur un an, contre 3,0 % en octobre. Cela montre que les entreprises se tournent davantage vers les marchés pour lever des fonds, notamment les structures les plus importantes.

À l’inverse, la croissance des crédits bancaires reste inchangée à 2,7 %. L’encours bancaire total atteint 1 402,5 milliards d’euros, soit près des deux tiers du financement global des SNF.

Dans le détail :

  • Les crédits destinés à l’investissement progressent de 4,0 %, légèrement en retrait par rapport aux 4,1 % précédents.
  • Les crédits d’équipement ralentissent à 3,6 %, contre 3,9 % en octobre.
  • Les crédits liés à l’immobilier professionnel accélèrent à 4,7 %, après 4,5 %.
  • Les crédits de trésorerie continuent de reculer, à -2,6 %, même si la contraction est un peu moins marquée qu’en octobre.
  • Les autres catégories de crédits progressent de 7,4 %, signe d’une dynamique ponctuelle sur certains segments.

Cette structure montre une orientation claire : les entreprises financent davantage leurs investissements structurants que leurs besoins de court terme. La baisse persistante des crédits de trésorerie suggère une gestion plus prudente du besoin en fonds de roulement.

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Coût du financement : légère hausse portée par le marché

Le coût moyen des nouveaux financements passe à 3,42 %, soit une progression modérée par rapport à octobre.

Dans le détail :

  • Le coût du financement de marché remonte à 3,36 %, après 3,23 %.
  • Le coût du crédit bancaire reste quasiment stable à 3,46 %, contre 3,45 %.
  • En comparaison, le coût moyen global était de 3,87 % en novembre 2024, ce qui montre une détente sur un an.

On observe également une différence selon le montant des crédits :

  • Les crédits inférieurs ou égaux à 1 million d’euros affichent un taux moyen de 3,67 %.
  • Les crédits supérieurs à 1 million d’euros s’établissent à 3,33 %.

Les entreprises qui mobilisent des volumes importants bénéficient donc de conditions légèrement plus favorables. Cette hiérarchie reste cohérente avec les pratiques bancaires traditionnelles.

Taille des entreprises : dynamique contrastée selon les profils

L’analyse par taille d’entreprise met en évidence des écarts significatifs.

PME et entreprises de taille indéterminée

Les encours atteignent 539,5 milliards d’euros. La croissance annuelle reste stable à 1,0 %.
Le coût moyen des nouveaux crédits augmente légèrement à 3,45 %, contre 3,43 % précédemment.

Cela traduit une dynamique modérée. Les petites structures restent prudentes dans leurs investissements, probablement en raison d’un environnement encore incertain.

ETI

Les entreprises de taille intermédiaire affichent un encours de 389,1 milliards d’euros.
La croissance annuelle progresse légèrement à 0,4 %, après 0,1 %.

Le coût moyen recule à 3,63 %, contre 3,65 %. La détente reste marginale mais va dans le sens d’une stabilisation.

Grandes entreprises

Les grandes entreprises disposent d’un encours de 223,1 milliards d’euros.
La croissance annuelle atteint 4,5 %, en recul par rapport aux 5,9 % d’octobre mais toujours nettement supérieure à celle des autres catégories.

Le coût moyen progresse légèrement à 3,17 %, contre 3,14 %.
Ce segment reste le plus dynamique en volume et bénéficie des conditions les plus favorables.

On constate donc une hiérarchie claire : les grandes entreprises accèdent plus facilement au financement et à des taux plus bas, tandis que les PME évoluent dans un environnement plus contraint.

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Secteurs d’activité : fortes divergences selon les branches

L’évolution des encours varie fortement selon les secteurs.

Secteurs en expansion

Plusieurs branches affichent une croissance positive des crédits mobilisés :

  • Conseils et services aux entreprises : +7,6 %
  • Information et communication : +5,6 %
  • Activités immobilières : +4,1 %
  • Transport et entreposage : +3,5 %
  • Agriculture : +1,9 %

Ces données montrent que les secteurs orientés vers les services, le numérique et l’immobilier conservent une capacité d’investissement soutenue.

Secteurs en contraction

D’autres branches enregistrent une baisse des encours :

  • Enseignement, santé et action sociale : -4,0 %
  • Commerce : -3,2 %
  • Construction : -2,1 %
  • Hébergement et restauration : -0,3 %
  • Industrie : -2,2 %

Le recul dans l’industrie constitue un signal à surveiller. Après plusieurs mois de stabilité, la croissance devient négative, ce qui peut traduire un ralentissement des projets d’investissement ou une prudence accrue.

Lecture d’ensemble : une croissance mesurée dans un environnement stabilisé

La progression à +3,2 % du financement des SNF traduit un mouvement de reprise modérée. Le recours accru aux marchés financiers soutient la dynamique globale, tandis que le crédit bancaire évolue de manière plus stable.

Le coût moyen à 3,42 % reste contenu par rapport aux niveaux observés un an plus tôt, même si la légère remontée en novembre rappelle que les conditions de financement ne sont pas totalement détendues.

Trois tendances ressortent :

  1. Les grandes entreprises bénéficient d’un accès plus dynamique aux ressources.
  2. Les crédits d’investissement restent mieux orientés que ceux de trésorerie.
  3. Les disparités sectorielles demeurent marquées, avec des branches en forte progression et d’autres en recul.

En synthèse, le financement des sociétés non financières évolue dans une phase d’ajustement. La croissance est réelle mais mesurée, les coûts sont stabilisés à un niveau intermédiaire et les écarts entre tailles d’entreprises et secteurs restent significatifs.